24 novembre 2015

Newsletter Sogetrel – Novembre 2015

Smart Grid – Smart City

 3 questions à : Gilles Berhault – Délégué Général d’ACIDD, Président du Comité 21, à titre associatif.

  • En tant qu’expert de la contribution des technologies numériques au développement durable, pouvez-vous nous donner votre définition de la ville intelligente ? 

La ville d’aujourd’hui vit une métamorphose qui est à la fois, faire face à sa part de responsabilité vis à vis des problèmes climatiques et environnementaux, et le passage à une civilisation de communication. C’est dans l’urbain, où habitera bientôt plus de 60 % de la population mondiale, que se mettent en œuvre les solutions pour diminuer l’impact des activités humaines sur la planète. Cela concerne aussi bien l’habitat que la mobilité, les loisirs… Pour que la ville soit pleinement résiliente en préservant et même en améliorant la qualité de vie, nous avons besoin de bien mesurer et de piloter. Une des grandes révolutions est le développement des capteurs… C’est donc bien le big data qui est le cœur de la smart city. Il faut des données partagées, croisées… Ensuite, il faut agir en temps réel, pour une efficacité énergétique maximale. Cela concerne aussi bien la mobilité, que le bâti, que les activités de service, que les loisirs… Mais c’est aussi une question de participation, la ville intelligente est un gigantesque réseau social au service de l’action. Chacun peut y apporter ses idées, ses actions au service d’un intérêt collectif.

  • Qui seront les architectes de la ville intelligente, les élus, les opérateurs (transport, énergie, télécoms…) 

La question est intéressante. On croit trop souvent qu’il y a un architecte global mais c’est bien évidemment dépassé. Nous sommes à l’âge de la multitude mise en cohérence. La ville intelligente est en permanente évolution. Tout l’enjeu est dans la mise en capacité collective. Cela veut dire que l’on peut s’y préparer dès l’école, mais aussi que les élus le comprenne et pratique cette « nouvelle ville ». Les entreprises ont un rôle à jouer en innovant et en fournissant des services… La concurrence va forcément se renforcer, elles deviennent toutes opérateurs numériques quel que soit leur métier d’origine. Une des clés d’accès à cette ville responsable, agréable et dynamique est la capacité à partager à travers le réseau. Il est temps de systématiser l’accès au Très Haut Débit dans l’espace public, gratuit pour tous.

  • La ville intelligente s’organisera-t-elle autour d’une infrastructure fédératrice ou procédera-t-elle de l’interopérabilité de multiples réseaux ?

Aucun réseau de communication ne peut dominer aujourd’hui, qu’il soit physique (opérateur télécom), d’infrastructure de service (Google) ou générateur de mise en relation (Google ou même Blablacar). C’est d’abord un enjeu démocratique. La technologie est moins importante que l’individu. C’est un risque de coût, une situation de monopole pouvant générer une augmentation, de respect des libertés individuelles… Le risque est aussi réel de créer des villes privées pour les plus riches, au détriment de ceux qui sont en difficulté qui vivraient alors dans des conditions de précarité renforcées. C’est aux élus d’en être le garant mais avec une grande implication des habitants, et aussi des usagers qui ne sont pas forcément les ceux qui y résident. Préservons l’intérêt général et la démocratie, d’autant que la ville intelligente est avant tout une question de transversalité.

 

A propos de Gilles Berhault

Délégué général d’ACIDD, Président du Comité 21, organisateur de SolutionsCOP21 (Grand Palais 4 au 10 décembre 2015).

Auteur de « Développement durable 2.0 » « Propriétaire ou artiste ? » (Ed. de l’Aube), et co-auteur de « La métamorphose numérique » (Ed. Alternative) et « Nouveaux imaginaires pour le développement durable » (Ed. Les Petits Matins). Chroniqueur BFM Business et Décisions Durables.

Twitter gillesberhault www.gillesberhault.com

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