7 octobre 2016

Edito de Xavier VIGNON

La dépénalisation du stationnement, première pierre de la Smart City ?

Souvent peu comprise, parfois contestée et encore loin des « feux de la rampe », le changement de cadre juridique du stationnement urbain pourrait, pourtant bien, devenir le véritable coup d’envoi de la ville intelligente.

A l’heure actuelle, seulement 30% des usagers paient spontanément leur stationnement* que ce soit sur horodateur ou par application mobile. Le coût moyen d’une place en voirie avoisinant les 30 000€, le manque à gagner pour les villes est donc significatif. D’autant plus, que contrairement à une idée répandue, ces dernières ne touchent aujourd’hui qu’une infime fraction des recettes des PV émis alors que les coûts liés au contrôle et à la verbalisation sont élevés et croissants.

De surcroît, le non-paiement du stationnement limite les rotations à la place et, incidemment, le nombre de places disponibles, entrainant des effets de congestion et une pollution supplémentaires dans les centres urbains.

La dépénalisation du stationnement devrait donc avoir des conséquences significatives sur la gestion des villes et leur modernisation, bien au-delà de son cadre initial de décentralisation et de désengagement de l’Etat.

En premier lieu, parce qu’elle offre l’opportunité d’une reprise en main de leur espace public par les communes. En effet, et à compter du 1er janvier 2018, le principe de fonctionnement du stationnement payant sur voirie sera profondément transformé : l’amende forfaitaire de 17€ perçue par le Trésor Public disparaîtra pour être remplacée par une redevance connue sous le nom de « Forfait Post Stationnement » (FPS) dont le montant sera intégralement fixé et perçu par les communes.

Ce changement de régime juridique, en ouvrant la voie à la mise en place d’une politique de stationnement adaptée aux enjeux de chaque territoire, aura pour conséquences :

  • D’améliorer la circulation automobile et de diminuer la pollution tout en procurant des économies aux automobilistes. Faut-il ici rappeler que la recherche d’une place génère 10% de la circulation urbaine et représente 70 millions d’heures perdues pour les usagers* ?
  • De renforcer l’attractivité des centres ville grâce à une circulation plus fluide et à la mise en œuvre de tarifications adaptées (première demi-heure gratuite, barèmes spécifiques aux jours de marché, systèmes d’abonnements, mise en place d’un FPS minoré, etc.).

Mais il y a plus encore : ce nouveau cadre va ouvrir la voie à ce qui sera sans doute la première pierre pour bâtir ce qui n’est déjà plus un concept futuriste : la « smart city » et Sogetrel en est le bâtisseur !

Xavier VIGNON